27.03.2007
Un contresens à méditer
Samedi dernier vers 16h un octogénaire a pris la rocade minière à contresens. Accidents en série, nombreux dégâts matériels, décès d'un motard, la compagne de ce dernier dans un état critique... tel est le triste bilan de cette incartade de 800 mètres. Apparemment les analyses ont montré que le conducteur n'était pas sous l'emprise de l'alcool. Compte tenu des paramétres évoqués, une hypothèse vient immédiatement à l'esprit : ce moment d'égarement est-il imputable à l'âge avancé du conducteur ?
Dès lors que le doute est permis, une question se pose : étant donné la gravité des conséquences possibles, doit-on continuer à laisser conduire n'importe qui librement, sans aucun contrôle, au-delà d'un certain âge ? Plus généralement, l'Homme est-il à même de juger par lui-même (et pour lui-même) de son état physique et physiologique et de sa capacité objective à conduire une voiture en toute sécurité ?
A partir de 4 ans, nos véhicules (VP et VUL : véhicules particuliers et utilitaires légers) doivent subir un contrôle technique tous les 2 ans, portant sur 133 points répartis en 10 fonctions principales... Ce contrôle a pour but de vérifier les organes essentiels du véhicule, liés à la sécurité et à l'environnement. En quoi le corps humain, composé de membres et d'organes en proie au temps, est-il différent ?... D'où un questionnement légitime : pourquoi n'a t-il jamais été appliqué au conducteur ce qui lui est imposé pour son véhicule ? C'est une réalité : l'attention, les réflexes, la perception de l'environnement extérieur ne sont plus les mêmes à 80 ans qu'à 30.
Il ne me semblerait dès lors pas aberrant qu'à partir d'un certain âge, 70 ans par exemple, le "contrôle technique" soit rendu obligatoire pour le conducteur, visite qui validerait (ou non) l'aptitude à la conduite et le renouvellement du permis de conduire.
Pas plus loin que chez nos voisins européens, de nombreuses mesures ont déjà été prises pour répondre au problème de la sécurité des seniors au volant :
- En Espagne, les plus de 65 ans ne peuvent plus passer le permis de conduire.
- En Finlande, sauf avis médical contraire, le permis de conduire est automatiquement retiré a 70 ans.
- En Irlande, Norvège, Suisse, au Danemark, des contrôles médicaux sont obligatoires, avec des niveaux de périodicité et de sévérité variables
- Aux Pays-Bas, ce contrôle médical est assorti de cours de remise à niveau pour les plus de 50 ans. Ces deux mesures ne sont pas obligatoires et sont laissées à la bonne volonté des conducteurs.
- En Angleterre, le permis doit être renouvelé a partir de 70 ans et ce pour une période de 3 ans, avec contrôle médical.
- En Allemagne, des cours de recyclage gratuits sont proposés aux personnes âgées afin de réactualiser leurs connaissances et de les faire réfléchir à leur comportement sur la route.
- En Autriche, l'Automobile Club propose des cours de conduite visant a répondre aux besoins et aux problèmes spécifiques des personnes âgées. Le prix normal de la participation est réduit de 50% grâce au soutien financier du ministère autrichien chargé des problèmes de circulation.
Et en France ?...
17:20 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voiture, permis, conduire, accident, autoroute, âge, contrôle
08.03.2007
But alors you are french ?!?
Qui a dit que les français n'étaient pas doués pour les langues étrangères ?
15:25 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, raffarin, ps, ump, anglais, allemand
07.03.2007
Quand on s'aime, on ne compte pas
Dans un article paru dans l’Avenir de l’Artois (édition de Lens – Liévin – Bully les Mines du jeudi 1er mars 2007), nous apprenons que le taux d’imposition pour 2007 augmentera de 2,85 % (après l’augmentation de 11 % de l’an dernier). Admettons. Après tout il est normal et sain que les citoyens participent à l’effort général, surtout lorsque celui-ci a pour cadre « la solidarité, l’amélioration des conditions de vie des femmes et des hommes du Pas-de-Calais » dont nous faisons tous partie : amélioration du réseau routier, création et entretien des équipements éducatifs et sportifs, ... etc.
On est d’autant plus rassuré de bien fondé de cette contribution quand Monsieur le Président loue le « sens de l’économie de ses propres troupes » et se prépare à aborder 2007 avec un mot d’ordre : « est-ce que les deniers publics sont utilisés de la façon la plus appropriée ? ».![]()
Pendant ce temps, "Pas-de-Calais Magazine", le magazine d’information du Conseil Général du Pas-de-Calais, laisse la place à "Pas-de-Calais, le Journal"...
Un beau cahier de 15 pages en format tabloïd sur papier glacé en impression professionnelle et qualité photo. Le tout tiré à 620.000 exemplaires et distribué gratuitement, sur le seul financement du Conseil Général.
15 pages qui ne sont finalement qu’un support déguisé de communication et de promotion pour le Conseil Général – il faut bien justifier de son intérêt et de son utilité quand on gère un budget primitif de 1,37 milliards d’euros – et plus particulièrement de son Président (directeur de la publication et présent sur les photos de 7 pages sur les 15 que compte le journal)
A quoi est dû cette soudaine évolution vers ce format luxueux ? Amour des métiers de la création et de la presse ? Folie des grandeurs ? Que nenni : « Les attentes des lecteurs évoluent, nous devions nous mettre « à la page », aérer la présentation, multiplier les illustrations et proposer des textes plus courts à la manière d’un journal » Ah...
Personnellement je serais curieux de connaître ces habitants qui ont fait part de leurs attentes quant à la refonte de ce journal à l’intérêt – ne nous le cachons pas – somme toute assez limité...
A ce propos, j’aimerais beaucoup que nous soient présentés les résultats de l’étude de marché qui a, je n’en doute pas, été préalablement commanditée par les avisés gestionnaires du budget du Conseil Général pour décider de manière objective de la pertinence de telles dépenses non négligeables. Peut-être cela pourrait-il faire l’objet d’un article dans une prochaine parution ? (à la limite, bien joué, cela pourrait même être l’occasion de placer une 8ème photo du Président...)
D’ailleurs tant qu’on y est, peut-être pourrions-nous dans cette même prochaine parution être informés du prix de ce journal afin que nous puissions constater par nous-mêmes ce que Monsieur le Président entend par « sens de l’économie » et « la façon la plus appropriée d’utiliser les deniers publics » ?
15:09 Publié dans Politique locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, pas de calais, président, conseil général, économie, journal
03.03.2007
Trois oiseaux pour un perchoir
Yves Bur, Claude Gaillard et Patrick Ollier, trois députés UMP, se disputent actuellement la présidence de l’Assemblée Nationale bientôt laissée vacante par Jean-Louis Debré, nommé à la tête du Conseil Constitutionnel.
Une bataille presque symbolique puisque le futur Président n’exercera que 10 semaines et ne devrait diriger aucune séance de travail, l’actuelle législature (la 12ème du nom) prenant en effet fin le 19 juin 2007.
Mais alors pourquoi tant de candidats et tant de motivation à briguer ce poste ?
Il est bien évidemment avant tout question de stratégie politicienne, l’UMP se devant de conserver la présidence de cette institution face à ses adversaires. A l’intérieur de cette grande « famille » ensuite où, au travers de chacun de ces 3 candidats, les différents courants internes (chiraquiens / villepinistes, sarkozystes...) aimeraient voir dans cette élection la preuve de leur influence...
A titre individuel ensuite, il y a sûrement dans cette entreprise électorale un peu de vanité personnelle. Etre au perchoir, même pendant 2 mois et demi, et rentrer ainsi dans le cercle fermé et historique des Présidents de l’Assemblée Nationale, flatte évidemment l’ego.
Reste enfin – et surtout ? – d’autres motivations un peu plus terre à terre pour expliquer la volonté de nos candidats. Car derrière la tâche se cachent divers avantages liés à la fonction : ainsi, l'indemnité mensuelle du Président, réévaluée par rapport à celle d'un député, atteint les 10 000 euros par mois. L'heureux élu peut également jouir de l'hôtel de Lassay, voisin du Palais-Bourbon. L'Etat français met également à disposition du président de l'Assemblée un cabinet de travail de trente personnes. Enfin, avoir été président de l'Assemblée, même pendant quelques semaines, donne droit à vie à une voiture de fonction avec chauffeur et à un bureau au Palais-Bourbon.
On a beau dire, c'est quand même beau et noble l'action politique quand c'est désintéressé...
20:30 Publié dans Billets d'humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, président, assemblée nationale, udf, ps






















