28.11.2005
Les symboliques des formes et des couleurs
Dans le cadre de mes différentes activités, il m'arrive de travailler à la conception de logos.
Cet exercice, bien que résultant en grande partie des qualités imaginatives et artistiques de l'auteur, nécessite toutefois la connaissance de quelques principes de base quant à la symbolique des éléments graphiques utilisés dans la conception du visuel afin que le logo corresponde à ce qu'il est censé représenter et en retranscrive l'image et les valeurs.
A) La symbolique des formes
Le choix d'une forme dans la conception d'un logo ou d'un visuel est rarement innoncent. Chaque forme "parle" à notre oeil et à notre cerveau, de manière plus ou moins consciente.
a) La ligne
- La ligne verticale : la verticalité évoque la force, la dignité, la vérité... mais elle s'apparente aussi à la rigidité et à l'immobilisme.
- La ligne horizontale : l'horizontalité est synonyme de calme, de repos, de tranquillité, d'horizon. Mais elle peut aussi signifier un état de sommeil voire de mort.
- La ligne oblique : partant d'en bas à gauche vers en haut à droite, elle symbolise le mouvement, le dynamisme, l'envolée. Attention toutefois, car utilisée dans le mauvais sens (partant d'en haut à gauche vers en bas à droite), elle laisse ressentir une sensation de chute.
- La ligne droite : c'est la figure la plus simple, la plus directe. Elle symbolise la rigueur, la décision, mais peut être aussi synonyme d'austérité et d'ennui.
- La courbe : associée à la féminité, elle évoque la plénitude, la rondeur... mais parfois aussi la molesse. Une courbe dirigée vers le haut aura une signification d'envolée, de mouvement ; orientée vers le bas elle symbolisera l'inverse.
- La ligne brisée : souvent signe de confusion, d'agitation, de sautes d'humeur et de rigueur instable.
- Les lignes convergentes ou divergentes (ex. : lignes en étoile) : leur symbolique est ambigüe car elle peuvent aussi bien signifier l'explosion, le choc et la violence que l'expansion, l'éloignement et l'ouverture.
b) La figure géométrique
- Le cercle : il est synonyme de perfection, d'absolu, d'infini, d'universalité.
- Le carré : il est solide, stable, serein... C'est le support idéal pour une information neutre et objective.
- Le rectangle : il s'apparente au carré. Présenté à la française, c'est à dire à la verticale, il est plus dynamique et fort. Présenté à l'italienne, c'est à dire à l'horizontale, il produit un effet panoramique et plus calme.
- Le triangle : il représente l'harmonie, la proportion, la sécurité.
- Le losange : il symbolise la vie, le passage, l'échange.
- La flèche : elle évoque le mouvement
B) La symbolique des couleurs
a) physiologiquement, les couleurs ont des longueurs d'ondes différentes, que l'on mesure en microns. La longueur d'onde du rouge, par exemple, varie entre 650 et 800 microns, celle du bleu entre 460 et 480 microns. Or les couleurs qui ont les plus grandes longueurs d'ondes sont perçues plus rapidement. C'est pour cela que le rouge crée l'impression de "sauter aux yeux", alors que le bleu est plus apaisant.
b) symboliquement, les couleurs sont associées aux phénomènes culturels les plus divers et les plus profonds: le noir pour le deuil, le vert pour l'espérance... Ces associations varient dans le temps et dans l'espace - ainsi le blanc est-il la couleur du deuil au Japon - mais elles restent très fortement ancrées dans l'inconscient collectif. Il est également fréquent de retrouver des sites, abordant un sujet similaire, arborer une charte graphique incluant des couleurs communes à tous ces sites.
Il est donc possible de classer les couleurs par thème, comme indiqué ci-dessous où sont également mentionnés les effets et la symbolique de chaque couleur.
- Blanc XXX : Effets psycho/physiologiques = sobriété, fidélité, propreté, clarté ; Symbolique = pureté, innocence, chasteté
- Noir XXX : Effets psycho/physiologiques = passivité, tristesse, détermination, pessimisme ; Symbolique = mort, deuil, nuit, mystère
- Bleu XXX : Effets psycho/physiologiques = calme, tendresse, sincérité, féminisme ; Symbolique = paix, vertu, immatérialité, méditation, sagesse, rêverie
- Rouge XXX : Effets psycho/physiologiques = chaleur, dynamisme, stimulation, excitation ; Symbolique = force, passion, puissance, interdiction, danger
- Jaune XXX : Effets psycho/physiologiques = joie, spiritualité, dynamisme ; Symbolique = science, conscience, idéalisme, action, luminosité
- Vert XXX : Effets psycho/physiologiques = calmant, équilibrant, reposant, activité spirituelle ; Symbolique = espoir, nature, immortalité, repos
- Orange XXX : Effets psycho/physiologiques = stimulant, favorise la digestion ; Symbolique = énergie, ambition, enthousiasme, imagination
- Violet XXX : Effets psycho/physiologiques = tristesse, mélancolie, dignité ; Symbolique = politesse, jalousie, mystère, spiritualité, mélancolie
Enfin, à ces valeurs symboliques s'ajoute l'impact dû aux contrastes, à l'intensité et à l'effet spatial des couleurs :
- Les couleurs chaudes comme le rouge, le jaune, l'orange, accélèrent le mouvement. Elles paraissent "avancer".
- Les couleurs froides comme le bleu, le vert, le violet, incitent au calme, à la réflexion, à la détente. Elles semblent "s'éloigner".
12:05 Publié dans Communication & Publicité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
05.11.2005
Waow, ça a l'air bien !
Je me promenais en voiture il y a peu avec l'une des filles de mon amie, âgée de 11 ans (la petite fille, pas mon amie :-). Dans la cadre de notre promenade, nous passâmes devant une affiche 4x3 du nouvel opus cinématographique des aventures de Zorro. Une grande et belle affiche, représentant le fier ibère Antonio Banderas, tout de noir vêtu, masque sur les yeux, regard perçant, chapeau sur la tête, cape au vent et épée à la main. Derrière lui, une basilique d'inspiration architecturale hispanique et le ciel, nuageux, presque menaçant, ocre, sec et chaud. Un majestueux "Z" noir et enflammé ornait l'affiche. Et le slogan, implacable : "Le 26 octobre il signe une nouvelle aventure au cinéma".
A la vue de cette affiche, ma petite fille s'exclama "Waow, ça a l'air bien !!!"...
"ça a l'air bien"...
5 mots qui, à eux seuls, m'ont violemment fait ouvrir les yeux sur la toute puissance de la publicité sur nos enfants. Ou comment à partir d'une simple affiche et d'une simple phrase, on peut parvenir aujourd'hui à faire croire à un enfant que le film de 2 heures qui se cache derrière va être sensationnel. Le poids des mots, le pouvoir des images !
J'ai trouvé cette réaction, au départ drôle, puis rapidement malsaine. Malsaine, non pas parce que ma fille venait de se laisser piéger par une vulgaire publicité, mais malsaine de par tout ce qui se cache derrière cette simple phrase. Malsaine car il ne suffit que de quelques ingrédients savamment dosés pour capter l'attention et les faveurs des enfants. Les publicitaires le savent, en usent et en abusent. Malsaine car nos enfants sont voués à être les victimes inconscientes de ces procédés marketing, n'ayant pas à leur disposition les outils intellectuels ni l'expérience des adultes pour comprendre que ces messages sont artificiels, fabriqués et n'ont qu'un seul but : susciter le besoin.
Cet épisode a fini de me convaincre sur le fait qu'il est de notre devoir d'ouvrir enfin les yeux sur la tristesse de cette situation. Qu'il est de notre devoir de lutter pour sortir nos enfants de ce rôle vicieux de victimes de la publicité dans lequel nous les avons laissés inexorablement s'enliser à force de laisser faire les excès mercantiles de la société de consommation. Qu'il serait responsable de notre part de donner à nos enfants ces fameux outils qui leur permettront de ne plus être des victimes naïves et faciles pour les publicitaires.
J'ai fait un rêve... J'étais ministre de l'Education Nationale et j'inscrivais au programme de l'école primaire et du collège des cours obligatoires de décryptage de la société, intégrant entre autres l'étude des médias, de la publicité, de ses techniques et de ses pièges. Pour aider nos enfants d'aujourd'hui et de demain à comprendre le monde dans lequel ils vivent et à lutter à armes égales avec ceux qui profitent d'eux sans scrupule. Nous avons tous à gagner à ce que nos enfants ne soient plus des oies naïves et passives que l'on gave à coups d'émissions de TV stupides et de spots de publicité pervers. Mais bon, pour l'instant ce n'est encore qu'un rêve... :-)
10:55 Publié dans Communication & Publicité | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
10.10.2005
Mauvaise publicité
Quand c'est bien il faut le dire... mais quand ça ne l'est pas, encore plus !
La publicité pour la nouvelle Série 5 de BMW est mauvaise à plusieurs titres.
- Sur le fond :
Un message d'assez mauvais goût, compte tenu de la situation économique et du moral de nombre de ménages français, qui avait déjà été dénoncé par Anto dans une note à laquelle je m'associe.
Présenter le prix d'un véhicule de "seulement" 37.500 € me semble quelque peu déplacé et irrespectueux du public qui se verra imposer cette réclame. Car même si l'on part du principe que cette publicité est avant tout destinée à un public relativement ciblé (les CSP+ et au-delà), il semblerait que les concepteurs de ce spot aient oublié que la télévision reste un média populaire...
Alors certes, certains chefs de pub supérieurement intelligents rétorqueront vraisemblablement que l'objectif du spot était de faire parler de la marque BMW et qu'à ce titre, l'objectif est atteint... Il semble hélas que de nos jours les publicitaires, peut-être à court de messages intelligents ou tout simplement d'imagination, privilégient trop souvent le sensationnel et la provocation aux messages pertinents et attractifs. Est-on pour autant obligé aujourd'hui de dépasser la ligne jaune pour faire parler de soi ? De nombreux exemples montrent pourtant que non.
L'objet de la publicité, outre de faire la promotion d'un produit ou d'un service, était originellement de susciter le besoin chez le consommateur. Aujourd'hui, il semble ne plus être que de faire parler de la publicité elle-même, peu importe que ce soit en bien ou en mal.
- Sur la forme
Que dire d'autre, si ce n'est que cette publicité est tout simplement horriblement mal jouée ?
Quiconque aura été dans la situation décrite par la publicité saura de quoi je veux parler...
Des cadres sortant d'un entretien annuel frustrant et synonyme d'augmentation ratée sont rarement aussi désinvoltes et détendus. Peut-être les commanditaires de cette publicité n'ont-ils jamais vécu pareille situation et ont-ils donc quelque difficulté à imaginer la réaction des victimes de tels entretiens ? Ou peut-être ont-ils tenu à clairement placer le débat à un niveau CSP++, en mettant en scène des cadres visiblement peu affectés par le refus d'une augmentation salariale ?
Alors certes, certains chefs de pub supérieurement intelligents rétorqueront vraisemblablement que le jeu des acteurs a été voulu volontairement léger afin de relativiser le message mercantile et dérangeant du spot et qu'à ce titre, l'objectif est atteint... Je crois hélas que cela ne fait que rajouter au mauvais arrière-goût laissé par cette publicité.
16:20 Publié dans Communication & Publicité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
28.09.2005
Blog addicted
Depuis quelques semaines maintenant, j'observe avec attention les publications et les échanges d'un certain nombre de blogeurs de la communauté Haut et Fort. Un petit groupe de personnes qui ne se connaissaient pas il y a à peine 1 mois mais qui se sont pourtant reconnues et retrouvées autour de valeurs communes : un style d'écriture, un humour, une histoire... Des acolytes qui se sont créé leur monde à part et se retrouvent désormais invariablement chaque jour autour des nouvelles publications des membres du "groupe". Une communauté au sein de la communauté.
Les membres de cette communauté sont à ce jour au nombre de 7 :
- Tonio
- Pocas
Une communauté sympathique et vivante, dont les comportements m'ont toutefois inspiré un constat somme toute assez inquiétant : ses membres montrent aujourd'hui des symptômes proches de l'addiction !
Chaque jour ils se ruent en effet sur leurs blogs préférés, toujours les mêmes, attendant avec impatience la publication d'une nouvelle note ou la présence de nouveaux commentaires ouvrant la porte à une discussion effrénée (discussion qui dérive souvent bien loin du thème originel de la note à laquelle elle se rapporte).
Chaque jour ils se retrouvent, inlassablement, malgré leurs activités professionnelles respectives, parfois jusqu'à tard dans la nuit. Ils échangent, se taquinent, s'interpellent. A force d'échanges et de "vie" commune, ils se sont créé leurs propres codes, leurs propres histoires, leurs propres anecdotes, leurs propres références.
Leurs blogs sont devenus pour eux une sorte de deuxième monde. Un mini-forum avec ses salles de discussion (plus ou moins) privées. Un chat, l'interactivité en moins, même si certains messages se succèdent avec une réactivité qui n'a rien à envier aux messageries instantanées.
Une réactivité de prime abord réjouissante mais qui reflète surtout l'attention permanente accordée par ces blogueurs à leurs sites favoris, connectés en quasi permanence et scrutant avec impatience l'apparition de tout nouvel élément susceptible d'intérêt ou d'indices lâchés ci ou là permettant de percer les mystères de ses amis inconnus.
Ainsi, (neo) déclarait-il récemment :
"Désormais, j'ai pris mes habitudes : entre deux réunions, en revenant de déjeuner, je jette un coup d'oeil sur mes blogs préférés (...). On attend la nouvelle note avec impatience, on regarde les commentaires, tiens un nouveau, c'est qui lui, on attend, qu'est ce qu'il/elle fout, on découvre enfin la nouvelle note, elle est bien, super, parfois aussi elle est moins bien (...)
Dernièrement, lors d'une réunion particulièrement chiante, il m'est arrivé de lever les yeux au ciel (...) car je savais que je ratais des commentaires déchainés (...) et que franchement, si le temps est une ressource rare, le mien aurait été mieux employé devant mon écran qu'assis là à ne pas avancer sur ces questions rebattues."
HL confirmait peu après : "Un peu le même genre de réflexe. On finit par vite s'attacher à ces petites choses et on finit par y penser même quand on est plus scocthé devant le pc/mac."
bdr d'enchérir : "moi aussi je commence à penser à tous ces blogs et leurs auteurs en dehors de mon PC."
Tonio de surenchérir : "moi aussi j'ai ce problème de me lever le matin et, dès que mon PC est allumé, de faire le tour de mes quelques blogs favoris, de passer ensuite la journée à guetter les nouveaux posts ou les nouveaux commentaires (...), d'aller me coucher en essayant d'imaginer qui sont ces nouveaux amis inconnus avec lesquels je passe presque tout mon temps, de ne pas réussir à m'endormir parce que je n'arrive pas à me décider pour le thème de ma prochaine note..."
Et Pocas de conclure : "Moi, c'est surtout imaginer à quoi ressemblent les gens de ce blog."
ALors je tire le signal d'alarme : les dangers inhérents aux blogs sont bien réels !
Faut-il dès lors interdire purement et simplement les blogs ?
Faut-il prévoir une législation régissant l'usage des blogs et sanctionnant les comportements excessifs ?
Faut-il plutôt réfléchir à un accompagnement psychologique des blogueurs débutants pour prévenir de telles dérives ?
Le débat est ouvert...
PS 1 : Toute cette note est évidemment à prendre au 2nd degré... :-)
PS 2 : Oumpf, (neo), bdr, HL, Pocas et Anto... si vous ne l'avez pas encore compris... Tonio c'est moi ;-)
19:10 Publié dans Communication & Publicité | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note






















